Pérou et Bolivie: L'horizon à portée de main

vie quotidienne à SAntiago

     Adieux au petit matin avec Diego et Yenny qui nous quittent pour rejoindre Buenos Aires. C est dur de voir partir des amis avec qui on a passe tant de bons moments!

     Ce jour-là, nous decouvrons les petits commercants du quartier: nous avions dejà discute le premier soir avec les gerants et la vendeuse des epiceries du coin, et aujourd hui, nous prenons notre petit dejeuner sur le pouce, dans une echope qui vend de tout: the chaud, empanadas, 3 produits de beaute, quelques sachets de soupe lyophilisee, chips et chocolats... La vendeuse, Roxana, est bavarde et adore les etrangers. Elle nous parle avec enchantement des casinos de Viña del Mar, nous conte ses secrets de beaute et de cuisine, presente les passants qui vont travailler. Tiens, Marta a oublie quelque chose chez elle, c est signe de malchance pour la journee. Superstitieuse, elle conjure le mauvais sort en  s asseyant sur son seuil pour faire un signe de croix. C est bon, elle peut maintenant retourner chercher ce qui lui manque sans crainte! Yolanda m explique qu il existe la même superstition au Mexique, mais qu elle ne connaissait pas le moyen de conjurer le sort.

     Puis, nous passons deposer notre linge à Veronica, dont le pressing nous a ete largement vante par tous ( il fallait entendre les louanges de Roxana!). Dans la boutique qui ouvre juste ( il est 9h30 passe), Veronica nous accable de mots doux: mi amor, ma princesse, mon cheri... De même, la vendeuse ambulante d empanadas, au visage brûle par l huile à qui nous achetons tous les matins notre pitance: elle aussi commence à nous connaître et nous donne des petits mots d amour avec nos empanadas de pino ou de queso! Cela me rappelle le " mignon" dont on usait en Bretagne il y a encore peu.

     Pour la suite de la journee, nous visitons la deuxième maison de Neruda, celle de Santiago, où on retrouve le même souci du detail, la même affection pour les bateaux et l eau, les mêmes collections. Cette maison cachee dans une petite rue retiree au pied du cerro San Cristobal et repliee sur elle-même etait le nid d amour secret de Neruda et Mathilde, sa maîtresse qui deviendra sa 3ème epouse. Lieu interessant mais moins extraordinaire que Isla Negra.

     Puis, pour gagner les hauteurs du Cerro San Cristobal, nous prenons le funiculaire de 1925 dans un bâtiment qui imite un château-fort. Une plaque rappelle que le pape Jean-Paul II a foule ces marches pour benir la ville le 1er avril 1987. La montee est longue et vertigineuse, la colline domine largement la ville et permet, bien mieux que le Cerro Santa Lucia, de comprendre son etendue. Il fait bien gris et la ville semble se cacher sous sa cape de pollution. Pour redescendre, nous testons le telepherique qui nous amène de l autre côte de la ville, dans un quartier residentiel chic avec maisons luxueuses, piscines et voitures de marque. De ce côte-là, il y a aussi un quartier d affaires où nous pouvons reprendre le metropour aller boire un chocolat chaud dans le centre. Auparavant, Alex retourne à la maison de Neruda, car il y a oublie le guide de Yolanda, lorsqu il jonglait avec les oranges ce matin! Nous rentrons ensuite rapidement, car nous devons retrouver Veronica avant la fermeture de son magasin, c est ferie demain ici aussi et nous devons recuperer nos vêtements propres!

     Ce soir-là, Yolanda rejoint des amis tandis qu Alex et moi allons dîner dans une brasserie du quartier. A 21h, il y a foule et nous nous installons au comptoir. Brouhaha de voix, cliquetis des couverts, odeurs de friture et de bière, le lieu est accueillant et met à l aise: un grand-père à la voix cassee discute avec le patron tandis que ses 3 petits-fils  chahutent discrètement et se repassent le fond d une chope de bière, un groupe de jeunes rigole en mangeant des completos ( sortes de hot-dog à la sauce tomate recouvert d une tonne de mayo). Nous mangeons notre poulet-frite arrose d une schop brune, en regardant un marmiton boire du jus d ananas au goulot avant de remettre le reste dans la fontaine! Une fois le poulet nettoye et la bière avalee, le patron passe de l amabilite à la bienveillance, on n est plus des touristes, on est desormais des clients comme les autres. Nous restons jusqu à la fermeture ou presque pour profiter de l ambiance populaire et bon enfant.


Publié à 04:28, le 16/08/2008,
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