Pérou et Bolivie: L'horizon à portée de main

Lundi 18 Août 2008: Un long retour

     Enfin, après 13 heures de vol, j'arrive à Madrid. Je dis adieu à ma voisine, celle avec qui j'avais pris mon petit déjeuner la veille, et je rejoins un groupe de français : les trois étudiants que j'avais rencontrés la veille et deux couples. Dans l'adversité, on reserre les liens et on s'entraide: je donne ma lettre de réclamation à Michelle et Bernard pour qu'ils s'en inspirent, on part tous à la recherche de leurs bagages, soi-disant enregistrés pour Paris mais en réalité égarés entre la salle de réception des valises, la compagnie aérienne et les Objets Trouvés! On en profite pour faire connaissance: Jean-Luc et sa femme, calmes et plein d'hmour, ont fait un voyage pélerinage sur les traces du Che, de S. Allende; Michelle et Bernard ont suivi des amis musiciens en Bolivie et en Argentine; Michelle tempère Bernard, dont la moustache frémit d'indignation dès qu'on évoque Air Comet; Adrien, paisible et tranquille, revient d'un stage de glacéologie à La Paz, Dorothée et Louis, bretons charmants, d'un stage en milieu agricole à Cuzco.

     Après avoir retrouvé et enregistré tous les bagages, nous mangeons tous ensemble aux frais d'Air Comet, avant de nous séparer en deux groupes, en effet, nous sommes en stand-by sur deux avions différents. L'ambiance est détendue, on se croirait en famille, et le ton est à la rigolade: Jean-Luc propose de s'enchaîner au train d'atterrissage de l'avion pour protester si nous n'avons pas de place dans l'avion, Louis prévoit de planter sa tente devant le comptoir d'Air Comet. Ils s'en vont en salle d'embarquement, sans savoir s'ils prendront le départ ou non. Tandis que Dorothée, Adrien et moi discutons géologie pendant les 3 heures qu nous restent , nous recevons un texto de Louis vers 20h : ils ont bien atterri à Paris avec tous leurs bagages, et lui nous attend avec ses parents qui vont nous ramener en Bretagne! Finalement, nous embarquons nous aussi et recevons un accueil chaleureux une fois à Paris: Catherine, la mère de Louis nous a amené des galettes bretonnes, bienvenues pour  our nous qui n'avons pas eu de repas dans l'avion.

     Nous arrivons à 3h à St Grégoire, Jean-Philippe, le petit frère de Louis m'a laissé sa chambre pour dormir dans le bureau. Famille adorable et maison merveilleusement accueillante. Je passerai la matinée avec eux avant de reprendre un train dans l'après-midi pour Quimper. Dernière anecdote : à l'escale lorientaise, je quitte le TER pour le TGV d'en face, m'y installe tranquillement avec armes et bagages. Prise d'un doute, je retourne vérifier le numéro du train: bien m'en prend, celui-ci va en sens inverse et m'aurait ramenée sur Paris! J'ai donc le temps de le quitter pour le bon TGV et j'arriverai en gare de Quimper le mardi 19 août à 16h30. Fin du voyage!!



Publié à 10:02, le 19/08/2008,
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demorada

       Décidément, la série continue: il ne sera pas dit que j'aurai quitté l'Amérique du Sud sans péripéties!

     Après quelques heures de someil volées au brouhaha de laéroport avec les annonces incessantes, du genre: " Vuelo 11891 Para Cuzco...", Alex va s'enregistrer et nous nous quittons. Bizarrement, mon avion pour Madrid n'est toujours pas affiché, alors que les suivants sont déjà inscrits sur le tableau lumineux. Erreur informatique? Que nenni! Je me place dans la file Air Comète, néanmoins, lorsque nous voyons arriver une vingtaine de passagers chargés de valises et emmenés par un type désagréable très remonté qui veut brûler la priorité à tout le monde. Ces clients furieux sont placés sur une file spéciale tandis qu'on me met dans la queue "business". Etrange. Ma voisine, péruvienne de Paris craint du surbooking et au vu de l'attente qui grandit, de la file qui s'allonge, des visages aux comptoirs qui s'assombrissent, je crains le pire, d'autant que ma voisine m'affirme que tous les vols sont complets jusqu'à début septembre! Or, je n'ai finalement pas pris le temps de confirmer mon vol retour auprès de la compagnie!

     Frayeur bien inutile en définitive, j'apprends un nouveau mot espagnol: demorado; mon vol a 6 heures de retard, de quoi me faire rater ma correspondance pour Paris et perdre mon billet de train, malgré le large délai que j'avais pris. J'en suis si soulagée que je ne cesse de sourire à l'employé de l'aéroport, ça lui change, on dirait! bref, j'ai droit à un petit déjeuner et un repas au resto du hall et on va changer ma correspondance.

     Je profite du temps supplémentaire pour faire les boutiques; est-ce la frustration du retard: moi si raisonnable, je fais changer la carte bleue! D'ailleurs, le manque de sommeil se fait sentir, ou c'est la suite de mes mésaventures: je déchire mon billet d'avion, renverse ma chicha morada dans la cafétéria, trop occupée à sourire aux deux petits vieux qui m'ont acceptée à leur table: ils accompagnent leur fille et leur petite-fille qui partent en Espagne pour trouver du travail. La grand-mère en a les larmes aux yeux: il n'y a pas assez de travail à Lima, et comme la jeune fille que j'ai croisée ce matin, beaucoup doivent émigrer. Toute la famille est adorable, je leur prête mon couteau et ils m'offrent de la pizza, nous discutons de mon voyage pour leur changer les idées. Au moment de partir, je serre le vieux couple dans mes bras, ils m'ont beaucoup émue, et toute la famille m'embrasse et me souhaite bon voyage. A la douane, d'autres familles séparées, d'autres larmes. Il est temps que je m'en aille aussi, je m'attache aux gens!



Publié à 07:34, le 17/08/2008,
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Sur le depart

     Et nous voilà arrives à Lima! Il est 2h du matin, je viens de rajouter des photos et je termine cet article et nous allons chercher un coin pour dormir quelques heures avant le prochain avion. Alex part à 7h45 pour Atlanta, moi à 10h, via Madrid. J`arriverai pourtant avant lui à Paris et espère bien profiter de mes quelques heures là-bas avant de rentrer en Bretagne. Je programme dejà les 10 jours qui me separent de mon autre depart, pour la Martinique. Mon esprit est dejà outre-Atlantique, et pourtant, la flute de pan qui sert de musique d`ambiance au point internet où nous nous trouvons me rappelle certaines etapes de notre periple. Le temps du bilan viendra, mais je peux dejà dire que je reviens de ce voyage enrichie: j`ai decouvert des lieux, des cultures et des facons de vivre très differentes, j`ai rencontre des gens passionnants et genereux, et j`ai eu la chance d`avoir des compagnons de voyage adorables et patients (merci, Alex, de m`avoir supportee!)



Publié à 06:44, le 17/08/2008, Lima
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samedi 16 aout: Dernier jour à Santiago

      Leves tard, nous profitons d`un repit du mauvais temps pour faire secher sacs, chaussures et vetements de la veille. Yolanda nous apprend qu`à cause du mauvais temps (neige en montagne), la frontière avec l`Argentine est fermee;Elle qui esperait partir pour Mendoza aujourd`hui va devoir changer d`itineraire et se diriger vers Pucon, plus au au sud du Chili. Nous partons manger nos derniers italiano et nos dernières glaces chiliennes ( je n`aurai jamais autant mange de sucreries et de sandwichs sur le pouce de ma vie!), et je fais quelques achats. Compare à la foule qui s`amasse à la Estacion Central, dans la rue San Vicente, tout est calme, de la musique, du merengue, s`echappe par une fenetre pour nous accompagner un bout de chemin, tandis que les chiens du quartier sont affales au soleil, devant les petites maisons en bois ou en tole, aux fenetres souvent grillagees ou près des entrepots. Les chiens chiliens ont une manière amusante de dormir en foetus, sans que rien ni personne ne les derange. Cela rappelle à Yolanda l expression mexicaine pour designer la sieste: dormir "como perro amarillo de pueblo".

     Scott nous conseille de prendre la navette pour l`aeroport, moins chère, et s`engueule avec le taxi qui prefererai faire la course entière. A l`aeroport, me revoilà Pierre Richard: j ai oublie d`enlever bouteille d`eau et dentifrice de mon petit sac à dos et surtout, le canif que m`ont offert Marielle, Caro et Philippe! Coup de stress, mais j`ai encore le temps de l`enregistrer comme bagage en soute. Je reviens à la douane tout sourire, en m eparpillant en remerciements, et je rejoins Alex, soulagee. Mais il ne sera pas dit que mon depart du Chili soit aussi facile: 5mn avant l`embarquement, je perds mon passeport et ma carte d`embarquement! Je verifie mon sac 3 fois, mes poches, mon manteau, les toilettes, le trajet... Rien. J`alerte la securite, les vendeuses de Duty Free et me rends rapidement à la porte d`embarquement, au cas où: les passagers sont dejà en train de rentrer dans l`avion. Par miracle, une ame charitable a depose là mes papiers: OUF!! Nous embarquons donc, direction Lima.



Publié à 06:23, le 17/08/2008, Santiago du Chili
Mots clefs : Pierre Richardchiens chiliens


vendredi 15 aout: Llubia!

     Sans doute la journee la plus pluvieuse du voyage! La seule, en fait, dans mon souvenir, mais nous avons deguste! Nous souhaitions visiter Viña del Mar, station balneaire connue pour son festival de musique en ete, et retourner à Valparaiso.

     Peine perdue! il pleut tant que nous ne verrons rien de Viña, hormis une galerie marchande où Alex achète deux jeans et un merveilleux resto italien où nous passerons la majeure partie de la journee: musique delicieuse, du classique à l opera, deco agreable et nourriture excellente. Nous avons du mal à quitter ce havre de paix aux nappes à carreaux. Sous la pluie persistante, nous prenons un bus pour Valparaiso, à 5 mn de là. Nous longeons une mer grise et marron, le bus aspergeant les trottoirs et les rares passants. Là aussi, nous ne verrons rien de la ville, notre seul espoir de salut est un lieu sec, et nous nous refugions au cinema pour regarder un film US en VO qui ne restera pas dans les memoires. Par contre, le meilleur souvenir de cette journee sera l heure passee aux toilettes à faire secher manteaux, chaussettes et chaussures au sèche-main! A cote de Yolanda et moi, chaussettes à la main, en train d essorer et de secher, une Chilienne se remaquille: nous n avons decidement pas les memes priorites dans la vie ! De retour à Santiago, nous rentrons à l hostel en taxi: la coupe est pleine et nous grelottons!

     La soiree se deroulera autour  d un the reconfortant, à discuter avec Scott et ses hotes de la Chine, du conflit Israelo-Palestinien, de religion, d`histoire et de genetique. Je poursuivrai la conversation jusqu`à 4h du matin!



Publié à 06:00, le 17/08/2008, Viña del Mar
Mots clefs : pluie


Dimanche 17 aout: Demorado !

     Decidement, la serie Pierre Richardesque se poursuit, il ne sera pas dit que j`aurai quitte l`Amerique du Sud sans peripeties! Après quelques heures volees au brouhaha de l`aeroport, dont les annonces incessantes rythment les minutes: " Vuelo 11819 para Cuzco...", Alex va s`enregistrer et nous nous quittons. Bizarrement, mon vol pour Madrid n`est toujours pas affiche, alors que les suivants sont dejà portes sur le tableau: erreur informatique? Que nenni. Je me place dans la file Air Comet neanmoins, lorsque nous voyons une 20taine de passagers charges de mille valises et emmenes par un type desagreable très remonte qui veut bruler la priorite à tout le monde. Ces clients furieux sont places sur une file speciale tandis qu`on me met dans la file "Business": etrange. Je pense d`abord à un diplomate imbu de lui-meme et sa cour, ca y ressemble. Mais ma voisine, peruvienne de Paris, craint du surbooking, or je n`ai finalement pas confirme mon vol retour! Au vu de l`attente qui grandit, des visages au comptoir qui s`assombrissent, de la file qui s`allonge, je crains le pire, d`autant que ma voisine m`affirme que tous les vols jusqu`à debut septembre sont complets.

      Arrivee au comptoir à mon tour ( enfin!), j`apprends un nouveau mot espagnol: "demorado", mon vol est retarde de 6h, de quoi me faire manquer ma correspondance pour Paris, perdre mon billet de train et passer la nuit sur Paris demain. J`en suis cependant si soulagee que je ne cesse de sourire à l`employe de l`aeroport pendant ses explications, ca lui change, on dirait! Bref, j`ai le droit à un petit dejeuner et un repas à la cafeteria du hall et on va changer ma correspondance, je vais peut`-etre faire les boutiques ou m`offrir un massage, après toutes ces histoires!



Publié à 01:58, le 17/08/2008,
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vie quotidienne à SAntiago

     Adieux au petit matin avec Diego et Yenny qui nous quittent pour rejoindre Buenos Aires. C est dur de voir partir des amis avec qui on a passe tant de bons moments!

     Ce jour-là, nous decouvrons les petits commercants du quartier: nous avions dejà discute le premier soir avec les gerants et la vendeuse des epiceries du coin, et aujourd hui, nous prenons notre petit dejeuner sur le pouce, dans une echope qui vend de tout: the chaud, empanadas, 3 produits de beaute, quelques sachets de soupe lyophilisee, chips et chocolats... La vendeuse, Roxana, est bavarde et adore les etrangers. Elle nous parle avec enchantement des casinos de Viña del Mar, nous conte ses secrets de beaute et de cuisine, presente les passants qui vont travailler. Tiens, Marta a oublie quelque chose chez elle, c est signe de malchance pour la journee. Superstitieuse, elle conjure le mauvais sort en  s asseyant sur son seuil pour faire un signe de croix. C est bon, elle peut maintenant retourner chercher ce qui lui manque sans crainte! Yolanda m explique qu il existe la même superstition au Mexique, mais qu elle ne connaissait pas le moyen de conjurer le sort.

     Puis, nous passons deposer notre linge à Veronica, dont le pressing nous a ete largement vante par tous ( il fallait entendre les louanges de Roxana!). Dans la boutique qui ouvre juste ( il est 9h30 passe), Veronica nous accable de mots doux: mi amor, ma princesse, mon cheri... De même, la vendeuse ambulante d empanadas, au visage brûle par l huile à qui nous achetons tous les matins notre pitance: elle aussi commence à nous connaître et nous donne des petits mots d amour avec nos empanadas de pino ou de queso! Cela me rappelle le " mignon" dont on usait en Bretagne il y a encore peu.

     Pour la suite de la journee, nous visitons la deuxième maison de Neruda, celle de Santiago, où on retrouve le même souci du detail, la même affection pour les bateaux et l eau, les mêmes collections. Cette maison cachee dans une petite rue retiree au pied du cerro San Cristobal et repliee sur elle-même etait le nid d amour secret de Neruda et Mathilde, sa maîtresse qui deviendra sa 3ème epouse. Lieu interessant mais moins extraordinaire que Isla Negra.

     Puis, pour gagner les hauteurs du Cerro San Cristobal, nous prenons le funiculaire de 1925 dans un bâtiment qui imite un château-fort. Une plaque rappelle que le pape Jean-Paul II a foule ces marches pour benir la ville le 1er avril 1987. La montee est longue et vertigineuse, la colline domine largement la ville et permet, bien mieux que le Cerro Santa Lucia, de comprendre son etendue. Il fait bien gris et la ville semble se cacher sous sa cape de pollution. Pour redescendre, nous testons le telepherique qui nous amène de l autre côte de la ville, dans un quartier residentiel chic avec maisons luxueuses, piscines et voitures de marque. De ce côte-là, il y a aussi un quartier d affaires où nous pouvons reprendre le metropour aller boire un chocolat chaud dans le centre. Auparavant, Alex retourne à la maison de Neruda, car il y a oublie le guide de Yolanda, lorsqu il jonglait avec les oranges ce matin! Nous rentrons ensuite rapidement, car nous devons retrouver Veronica avant la fermeture de son magasin, c est ferie demain ici aussi et nous devons recuperer nos vêtements propres!

     Ce soir-là, Yolanda rejoint des amis tandis qu Alex et moi allons dîner dans une brasserie du quartier. A 21h, il y a foule et nous nous installons au comptoir. Brouhaha de voix, cliquetis des couverts, odeurs de friture et de bière, le lieu est accueillant et met à l aise: un grand-père à la voix cassee discute avec le patron tandis que ses 3 petits-fils  chahutent discrètement et se repassent le fond d une chope de bière, un groupe de jeunes rigole en mangeant des completos ( sortes de hot-dog à la sauce tomate recouvert d une tonne de mayo). Nous mangeons notre poulet-frite arrose d une schop brune, en regardant un marmiton boire du jus d ananas au goulot avant de remettre le reste dans la fontaine! Une fois le poulet nettoye et la bière avalee, le patron passe de l amabilite à la bienveillance, on n est plus des touristes, on est desormais des clients comme les autres. Nous restons jusqu à la fermeture ou presque pour profiter de l ambiance populaire et bon enfant.



Publié à 04:28, le 16/08/2008, Santiago du Chili
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Mercredi 13 août: Valparaiso, la ville aux deux visages

     Ma première impression de Valparaiso est negative: une grosse ville portuaire remplie de bátiments sans áme, avec ed larges avenues sans charme, encaissee dans les montagnes. Cependant, sa beaute se devoile au detour d une rue, où vous tombez sur un funiculaire ancien ( Espiritu Santo: 1911, Concepcion: 1891) qui vous emmène vers des quartiers plus chaleureux: sur ces collines, maisons de couleurs, quartier artiste dont les murs sont illustres de graffitis decoratifs, transformant une rue en page de bande dessinee, de poèmes de F; Garcia Lorca, et que domine la maison de Pablo Neruda, la Sebastiana. Au Cerro Concepcion, des villas du XIXème siècle devenues hotels et restaurants ont une vue imparable sur la baie sombre et les lumières de la ville. Nous trainons dans les rues, les librairies, goutons "dulces" et "alfajores" jusqu`à 21h, avant de rentrer à Santiago. Mais nous avons dejà decide de revenir!



Publié à 04:31, le 15/08/2008, Valparaiso
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mercredi 13 août: une maison hallucinante

     Yolanda, Alex et moi avons pris le bus pour Isla Negra, la maison en bord de mer de Pablo Neruda, un lieu fascinant. Construite au fur et à mesure, elle semble un hommage à la mer : sols et plafonds en bois, courbes ou penches pour evoquer l interieur d un bateua, grandes baies qui invitent le regard à contempler le Pacifique qui s ecrase sur les rochers un peu plus bas, figures de proue et de poupe qui peuplen le salon et la bibliothèque, dont Madeleine qui pleur. A cause de la chaleur de la cheminee? Neruda assure que c est par nostalgie de la mer.

     Le poète multiplie les collections: verres de couleur, vaisselle precieuse, bouteilles à formes originales, masques en bois, bateaux miniatures, cartes marines, coleoptères et coquillages et j en passe!  Un veritable musee de curiosites defile sous nos yeux  tandis que nous passons d une pièce à une autre, sur les plachers qui craquent. Le guide, prolixe, decrit la vie de Neruda, cite son oeuvre, les trois femmes de sa vie, ses manies et son obsession maritime, pour exemple ce bateau dans le jardin, qui n a jamais navigue et servai seulement à prendre l apero entre amis. Ma pièce preferee est la chambre à coucher, avec ses deux fecades avec vue sur mer, le lit oriente vers l ocean donne  l impression au dormeur de survoler les eaux.

     En sorant, nous goûtons aux delicieux chocolas artisanaux d une vieille dame qui nous donne moults conseils pour notre visite de Valparaiso, tandis que nous savourons ses alfajores. Nous prendrons le bus à un etrange arrêt fai de bouteilles de verre coulees dans le beton!



Publié à 04:20, le 15/08/2008,
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mardi 12 août: A la decouverte de la capitale.

     Yolanda, Alex et moi visitons la capitale aujourd hui, tandis que Yenny et Diego vont à Valparaiso. Bizarre de retrouver une grosse ville, assez riche, après les differentes etapes de notre voyage. J en suis depaysee! immenses immeubles de verre, cadres en costume et attache-case, grosses compagnies et metro bonde, et partout, comme à La Paz, tout de même, vendeurs ambulants de fruits, de chocolats, de chips, de semelles ou de parapluie...

     Nous sillonnons les rues, decouvrons le palais de la presidente, le musee des Beaux-Arts... A midi, sur la Plaza de Armas, je discute avec Oscar, un portraitiste qui a voyage en Espagne et en Italie, et avec un vieil homme elegant attendant sa fille, qui est venu nous saluer. Cet ancien journalise parle un francais excellent et a des connaissances phenomenales sur l histoire de France. Si heureux de parler à une francaise, il est sur le point de me reciter les premières lignes du Serment de Strasbourg, premier document officiel en langue francaise etabli entre les petits fils de Charlemagne! Nous evoquons l histoire Chilienne egalement, les liens avec la France, les problèmes actuels des langues: omnipotence de l Anglais, acculturation et appauvrissement de la langue des ados chiliens et francais, difficile reconnaissance des langues regionales comme le breton, le creole ou l aymara... Je resterai echanger des heures avec lui, si j avais le temps!

     Nous atteignons ensuite le Cerro Santa Lucia. Cette colline verdoyante dominee par une eglise offre un beau point de vue sur la ville et le nuage de pollution qui l etouffe et efface les montagnes alentour. De cet îlot de verdure, nous dominons les tours de verre et les immeubles de 15 etages. Le soleil declinant adoucit les couleurs des fleurs du Cerro: cerisiers blancs de fleurs, pruniers roses, arbres proches du mimosa, plantes grasses à fleurs rouges... Un pigeon s installe sur la tête de Darwin, bien embête mais immobilise dans le bronze pour l eternite. Nous poursuivons notre ballade de quartier en quartier, devorons une grillade au barrio Brazil et rentrons à pied vers 1h du matin dans des rues tranquilles et silencieuses, rechauffes par le cocktail que nous avons decouvert, le vaina: vin, crème de cacao et cognac, ce qui donne un delicieux goût proche du Bailey`s.



Publié à 04:01, le 15/08/2008, Santiago du Chili
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11 aout: a travers le nord du Chili

     Le bus que nous prenons est très confortable, il rappelle ceux du Perou: espace pour les jambes, sièges semi cama, couverture et oreiller. Je discute longtemps avec mon voisin qui va à Calama, grosse ville minière ( mines d argent) un peu plus au Nord, pour voir sa fille qui s en va etudier à Santiago. De Calama, le bus rejoint la Panamericana, direction plein sud, Santiago. Si nous avons traverse encore quelques deserts durant la nuit, un jour gris nous rejoint dans des paysages toujours secs, mais plus verts. Par ailleurs, la vegetation rase fai place à des arbres et des vegetaux plus eleves. On croise des champs d orangers et de cerisiers, des peupliers, des saules parfois. Nous logeons parfois la mer, peu engageante, traversons quelques villes inconnues aux enseignes familières: Citroën, Toyota, Michelin... Beaucoup plus de voitures ici, de petites maisons coquettes: on comprend dès le premier coup d oeil que le Chili est plus riche que ses voisins.

     Nous arrivons à Santiago à la tombee du jour: beaucoup de circulation, beaucoup de voitures particulières. Nous nous casons tous les 5 dans un taxi pour l hostel la moins chère que nous avons trouvee. Loin du centre, elle est tenue pour un Americain, veritable personnage: les murs de la maison sont couverts de cartes d Amerique du sud, de pubs d hôtels et de treks, de consignes diverses. economie de leau et de la lumière, interdictions diverses, tri selectif... On peut utiliser la cuisine (sous multiples conditions), internet, echanger des livres, acheter ou vendre du materiel de camping... et ce soir, Scott nous offre la lune. Il a sorti dans la rue un telescope de fortune pour nous montrer les cratères de la lune et Jupiter, ses anneaux et ses satellites. C est très beau. Il arrête les quelques passants pour qu ils observent le ciel avec nous. Amusant de voir leur tète passer de la mefiance à la surprise, puis à  l emerveillement quand les astres se reflètent dans leurs yeux.

     Tandis que nous preparons le diner, Yenny explose de joie devant l ordi:  elle vient de gagner un prix pour un court-metrage d animation qu elle avait presente à la cinemathèque de Bogota. Quelle joie! Mais cela signifie peut-ètre qu ils devront abreger leur voyage. De toute manière, ils ne pensaient pas traîner à Santiago, ils gagneront Buenos Aires dès que possible, avant de remonter en Colombie par le Bresil et l Amazone.



Publié à 06:50, le 12/08/2008, Santiago du Chili
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10aout: Sensations fortes dans la vallee de la Mort

     Après un copieux petit dejeuner et une merveilleuse douche chaude, nous decidons de profiter de nore seul jour ici ( nous partons pour Santiago le soir même) pour aller à velo dans la vallee de la mort faire du sandbording. La planche coincee en travers du sac à dos, assis sur nos velos, nous ressemblons à de drôles de coleoptères hybrides, j ai du mal à me rehabituer aux vitesses mais Alex es toujours là pour me donner de bons conseils! 

     45 mn de route pour atteindre un defile de pierres qui rougeoient au soleil avant les immenses dunes de sable. C est très impressionnant: après avoir cire sa planche, on se lance dans la descente de sable et on surfe sur la dune. Le plus difficile est de remonter à pied jusqu au sommet!

     Après-midi epuisante mais riche de sensations neuves. Après les premières gamelles sur le côte en pente douce, on se lance dans une descente plus abrupte et rapide. Alex, habitue au surf est notre champion, mais Yenny se debrouille très bien pour une première fois. Yolanda et moi rivalisons de glissades acrobatiques et peu professionelles, Diego se contente de la petite pente, en s avouant trouillard.

     Nous quittons San Pedro le soir, c est parti pour 22h de voyage en bus!



Publié à 06:49, le 12/08/2008, San Pedro de Atacama
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9 aout : Un chaud froid bolivien

     Nous quittons sans regret nore logement à 5h. Le ciel eoile est sublime, une etoile filante illumine le firmament tandis que Yolanda me montre Orion. Franco nous emmène voir des fumerolles et des geysers. La erre est obscure, la vapeur d eau monte vers le ciel qui pâlit, l atmosphère est magique. A 7h, nous arrivons aux sources thermales. Il s agit en realite d un bassin artificielle retenant une eau naturellement à 37 degres. Contrase ahurissant enre les baigneurs en maillo de bain, beats dans la vapeur d eau et les autres, à l exterieur, portant manteuax, bonnets, ponchos... En definitive, la chaleur de l eau recompense pleinement les courageux: il fau voir nos visages hebetes de bonheur quand nous rentrons dans l eau, après avoir frissonne en retirant chaque couche de vêtement! Diego et Wim resent sur le bord, alors que Yolanda, Yenny, Alex et moi profitons de ce moment exquis. Seule la perspective d un peit dejeuner reconsituan peut nous faire quiter notre bain de chaleur: chocolat chaud, gàteau, confiure de lai, yaought à boire... De quoi combattre encore le froid! Car malgre le soleil qui mone et les bienfaits de la baignade, il ne fait que 5 degres!

     Nous reprenons la route dans des paysages  d une beaute absolue: la ligne pure des montagnes rouges se decoupe sur le ciel parfaitement bleu, c est miraculeux. Dernier arrêt à la laguna verde, lac emeraude et blanc dans des paysages incomparables.

     Puis c est la frontière. Nous gagnerons finalement le chili, la petite ville touristique de San Pedro de Atacama. J abandonne mes feuilles de coca (qu on mâche contre le mal des montagnes) côte bolivien, nous avalons aussi les dernières clementines car les douaniers chiliens sont très sevèreset ne tolèren aucun produit animal ou vegetal.

     San Pedro de Atacama est un autre monde à 1h de route de la Bolivie: ville d adobe et de bois, sous la chaleur du soleil, remplie d agences de voyage et d hostals. Les prix, plus eleves que parout ailleurs au Chili, sont exorbitants compares à ceux de la Bolivie!

     Nous atterrissons à l hostal des sol nasciene, un peu à l ecart. Prix très correcs, accueil chaleureux et atentif d Albero, et ambiance très peace and love le soir, après le repas prepare collectivement et dirige par Yolanda: oeufs à la mexicaine et guacamole maison, nous restons discuer avec des francais qui visient l Amerique du sud à velo depuis 6 et 9 mois, des mexicains et un bresilien qui enchantent la soiree de leurs guitares et de leurs voix à l unisson.



Publié à 06:49, le 12/08/2008,
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8 aout: La plus belle journee du voyage!

     Ce vendredi, nous traversons differents deserts de sable, de terre, de rochers. Les couleurs se mêlent: beige, ocre, rouge, sienne, marron,... Deserts de montagnes et de volcans, paysages melancoliques qui m amènent les larmes aux yeux. Au fil des pensees, je m interroge: comment appellerait-on les larmes des anges? A cet instant, Yolanda frôle mon epaule: " Nieve! " Elle a raison, la reponse est sous nos yeux: il vient juste de se mettre à neiger! Les traces de la piste deviennent des lignes blanches sur la terre qui pâlit; les mousses et les plantes sèches, qui ne depareraient pas les fonds marins, sont recouvertes d une legère couche de neige.

     Après quelques heures de route, nous arrivons aux lagunes: la laguna cañapa, aux bords geles, etale ses couleurs azur, tandis que quelques flamands y cherchent leur pâture. La lagune suivante,  Chilar Kkota Honda, est encore plus belle et abrite encore plus de flamands. Sur leurs pattes fines, ils se dandinent, bec dans l eau, equilibrent leur corps rosâtre en etendant leurs ailes ecarlate à bords noirs. Ils ecrasent les montagnes qui se reflètent dans le lac à demi gele. C est la que nous mangeons un repas rapide car vite froid. Il fait 2 degres, nous dit Franco! Plus tard, nous decouvrons le site de "l arbre de pierre", dans le desert Siloni. Au milieu du desert, la nature a sculpte d enormes rochers pour en faire des oeuvres d art volcaniques.

     Enfin, clou du spectacle, la laguna colorada, lac rouge et blanc immense de 60 km, à 4298mètres d altitude. Les mineraux contenus dans la terre donnent ces couleurs incroyables aux eaux. Les montagnes qui l entourent sont egalement somptueuses, surtout dans les couleurs ambrees du soleil couchant.

     Nous logerons tout près, dans une habitation obscure et sans chauffage d aucune sorte. Je comprends ce que signifiait " basic accomodations" dans le contrat de l agence! Le plafond de notre dortoir est fait de paille retenue par un grillage et nous accumulons vêtements et manteaux même à l interieur pour ne pas attraper froid. Nuit glaciale malgre les couches de vêtements superposes, le sac de couchage et la couverture de survie! Courte nuit egalement, car nous nous levons à 5h le lendemain!



Publié à 06:48, le 12/08/2008,
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7 aout: Le salar d Uyuni

     10h30: Nous atendons avec curiosite nore jeep et notre chauffeur devant l agence. Nous avons entendu ant d histoire de chauffeurs ivres et de pannes en plein desert! Le mois dernier, 16 personnes sont mortes dans un accident. De plus, nous sommes le lemdemain de la fête nationale et la musique d une fiesta nous a berces jusqu à 5h du matin ! Mais Franco, notre chauffeur, a l air sobre et la jeep est en bon etat, hormis la roue de secours ( mais au moins, nous avons une roue de secours!) Recahud et sacs à dos sur le toit, provisions dans le coffre et nous partons!

     Après la visite d un cimeière de trains, nous decouvrons le salar, immensite blanche et craquelee, eblouissante, ponctuee de tas de sel prêts à être recuperes par des camions pour faire des briques ou aure. C est curieux de voir ces maisons de sel qui scintillent discrètement. Le ciel changeant modifie les couleurs du desert de sel, c est magnifique.

     Plus loin, nous foulons la isla del pescado, monticule isole au coeur du salar où semblent s être refugies d etranges cactus multicolores, sentinelles parfois àgees de 1200 ans, ils se dressent vers le ciel pour observer les monagnes loinaines et les quelques chemins sombres qui quittent l ìle, dans cette mer assechee.

     Fedi, la cuisinière, nous a prepare un excellent dejeuner, et nous mourrons de faim, il est dejà 15h! crudites, côtes de porc et quinoa, la cereale du cru, et bananes. Nous prenons quelques photos dans le desert en jouant avec la perspecive avant de reprendre la routejusqu à la fin dd après-midi. Le ciel s est assombri et le desert brille d autant plus sous les nuages noirs.

     Nous depassons parfois d autres jeeps de touristes, quelques troupeaux de vigognes ( espèce de lamas sauvage). Nous quitons le salar pour longer les montagnes jusqu au village de San Juan où nous arivons au coucher du soleil. Nous logeons dans une habitation entièrement faie de sel: murs, ables, sièges, lits en briques de sel, sol de gros sel, portes en cactus. Le toit de tôles tient grâce à des pierres, nous respirons un air sale. Avant le repas, nous parons, Yola, Alex e moi nous promener à la nuit ombee dans le village desert, à 5 mn de notre logement isole. Nous cheminons à la lumière de la lampe torche de Yolanda jusqu à l eglise et au cimeière, de l autre côte du village. Au retour, discussion et collation avant le repas. Jenny, notre amie colombienne, nous offre boucles d oreille et collier en tagua, une pierre de Colombie, un orchestre d enfants vient nous chaner quelques airs raditionnels (guitare, flûte, charango, tambour...) Le repas est delicieux, nous parlons francais, espagnol, anglais, neerlandais avec les aures ables ( nous sommes 19 touristes).

    Cette nuit-là, je n ai pas eu froid, dans ma cellule de sel! Euh... Il faut dire que je portais un costume digne du carnaval: 2 paires de chaussettes et des guêtres en laine d alpaga, 2 à 3 couches de vêtements, une mouffle et une mitaine, dans mon sac de couchage, sous les couvertures! J ai dormi d un trait jusqu au main, je me suis reveillee en enendan les  croustillements du sel.



Publié à 06:46, le 12/08/2008, Salar de Uyuni
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06 aout 2008 : Un voyage interminable

     Nous quittons La Paz vers 19h30 pour Uyuni, pas de train pour cause de grève et de blocage, nous prenons le dernier bus libre, le bus Omar, inconfortable au possible et sans commodites! Premiers constats: il n y a pas de place pour les jambes et mon siège est bloque à la verticale. Le trajet doit durer 12h, dont la moitie sur des routes epouvantables. Par chance, mon voisin belge, Wim, est sympa et nous discutons une bonne partie du chemin. Heureusement, car en definitive, le voyage durera 22h!

     En effet, dès 21h, nous subissons de multiples arrêts sans raison ni explication, parfois à un peage, mais le plus souvent en rase campagne. Du fait des retards, pas d arrêt repas à Oruro. Vers 1h du matin, nous stoppons dans une rue deserte de Poopo (inutile de chercher sur une carte, c est minuscule!) Tout est bien sûr eteint et ferme, mais il y a pourtant des passants dans la rue. Bientôt, nous entendons une salve d explosions, sans doute des petards. Au bout de 20mn, le bus redemarre, fait demi-tour, semble traverser un champ vu les soubresauts qui nous secouent et nous pouvons observer la raison de notre arrêt: un bloceo, un barrage organise par les mineurs avec un immense feu. Nous passerons la nuit, glaciale, au bord de la route pour La Paz, sous les etoiles, les feux des barrages flambant à quelques centaines de mètres. Nuit glacee et inconfortable, dans l expectative: Pourrons nous atteindre Uyuni ou devrons nous retourner sur nos pas?

     Au matin, le chauffeur nous propose de rejoindre Ururo pour attendre les consignes de la compagnie et decider de notre itineraire. Mais une demi-heure plus tard, nous stoppons à nouveau au milieu d un desert plat et poussiereux: on capte ici, au milieu de nulle part et le chauffeur attend l appel de son patron. Solution A: retourner à La Paz, solution B: retourner au barrage que nous traverserons à pied pour changer de bus et prendre le Uyuni-La Paz qui ferait demi-tour, solution C: prendre un long detour et payer davantage pour rejoindre Uyuni. A 8h du matin, après 12h de confinement et de jêune, tout le monde ou presque est d avis de retourner à La Paz!

     En definitive, après un the et un pain frit à Oruro, le moral des troupes est de retour: les barrages sont leves, nous repartons. Cependant, nous ne sommes pas au bout de nos peines: la route est epouvantable, les amortisseurs du bus sont morts (je suis assise sur une roue arrière!), la fenêtre couine, les porte-bagages grincent et le moteur hurle à la mort, tandis que nous sommes ballotes de droite et de gauche et que les sacs et les manteaux menacent de quitter leur rangement. Je sens vibrer mes articulations, s agiter mes intestins, s entrechoquer mes os. De nombreuses pauses-reparation sont necessaires, ce qui nous permet de tester les toilettes boliviennes: en plein milieu du desert plat à mourir, 4 cinquantenaires bresiliennes tiennent une couverture en travers de la routepour nous abriter des regards indiscrets. Bien sûr, il faut se depêcher avant l arrivee d un camion si l on tient à ses fesses!

     Nous arrivons à Uyuni à 17h30, epuiss et affames. De joie, j en vomirai ma clementine de la journee! Ici, les gens ne sont même pas au courant des blocages, les autres bus sont arrives avec 4h de retard, à cause des pannes et accidents. Notre depart pour le Salar est prevu pour le lendemain et Wim et un couple de colombiens, Diego et Jenny nous accompagneront.



Publié à 06:46, le 12/08/2008,
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5 aout 2008: La vallee de la Luna



Publié à 06:43, le 12/08/2008,
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Lundi 4 aout: le sanctuaire de Huanatico

     La chaleur des epices se dissipe peu à peu. Et oui! J ai traine Alex ds un resto indien pour la premiere fois de sa vie. Oui, je sais, ce n est pas tres typique mais ca a eu le merite de nous rechauffer! Et puis, j ai quand meme pris un plat metisse: lama tikka masala, qui di mieux?

     Nlous nous rememorons la journee: nous avons visite le site de Tihuanaco, à 72 km dfe La Paz. I.l s agit d un emple preinca où on adorait le dieu Wiracocha. Le site nest pas tres impressionnnant à premiere vue, et pourtant... Notre guide, excellen, nous explique l implantation des trois temple et leur signification: Le temple souterrain avec la statue de 8 mètres de haut, dedie aux divinites souterraines, symbolisees par le poisson, le serpent et le puma; le temple de la terre pour les divinites terrestres representees par le cactus et le lama; et le temple sureleve, celui où se trouve la porte du soleil, dedie aux divinites celestes, representees par le condor.

     Les statues que l on trouve ici sont sculptees de 1000 symboles, et les prêtres de Tihuanaco gravaient leurs calculs sur des feuilles d or mais les espagnols ont tout fondu en lingots! Neanmoins, les dessins graves sur les statues de pierre sont parvenus jusqu à nous et ont même inspire Herge pour son album " Le temple du soleil".

     Ces temples etaient visites surtout aux solstices et aux equinoxes, quand le soleil tombait parfaitement aux coins superieurs et au milieu du la porte du Soleil. Ils etaient construits avec un système d irrigation cense apporter l energie de leau au temple, principalement grâce à un bassin en forme de croix andine. Plusieurs pierres l entouraient, que l on peut encore observer: ces pierres sculptees sont magnetiques, mais seulement sur la face Ouest: placee là, la boussole en perd le nord, tandis qu elle retrouve sa rigueur habituelle placee sur les autres côtes. Fascinant, non?

     On peut aussi utiliser un haut-parleur de pierre creuse dans un mur du temple pour que le peuple puisse entendre prier les prêtres  à l interieur, et inversement. Nous testons: impressionnant!

     Le musee est aussi passionnant: les sculptures montrent que les tTihuanaco avaient des contacts avec les civilisations polynesiennes et asiatiques. Et comme les incas, la forme du crâne, allongee artificiellement, designait la classe noble et ils pratiquaient aussi la chirurgie cranienne! Notre guide est un puit de science ( en espagnol, et j ai du mal à me concentrer , face à la masse d informations!) et nous terminons la journee, Yola, Alex et moi emerveilles par la science de ces ancêtres si incroyables que certains les avaient même consideres comme une civilisation extra-terrestre!



Publié à 12:17, le 5/08/2008,
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References

      Si cela vous interesse, voici les premices de la situation actuelle, expliquees ds un excellent article de Rue 89, en mai 2008: la-bolivie-fragilisee-par-le-referendum-conteste-de-santa-cruz



Publié à 02:39, le 5/08/2008,
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Dimanche 3 Aout: La Paz d en haut et en profondeur

     Promenade dans La Paz avec Alex et Yolanda que nous avons retrouvee ici. L atmosphere est particuliere, entre fievre et attentisme. Fievre des manifestations que nous onservons devant l eglise San Francisco, avec drapeaux, petards et solgans politiques et attentedu referendum de dimanche prochain.
     En effet, destabilise par les "prefets" de region de l opposition (elus par le peuple), Evo Morales s en remet a la vox populi: en pleine reforme de l etat, il questionne le peuple: les prefets indelicats qui ont instaure des referendums independantistes illegaux dooivent ils quitter leur fonction? Les journaux se font l echo des turbulences du pays: manifs regulieres, greves des mineurs et des cheminots, greve de la faim a Santa Cruz, berceau de la contestation...
     Les Boliviens sont dans l expectative, les hotes de Yolanda sont inquiets, car une greve generale se profile pour la fin de semaine. Ils nous ont meme conseille de quitter le pays pendant ce temps et de prier pour eux. Nous changeons donc en partie notre programme: direction le salar de Uyuni des mardi puis nous passerons en Argentine avec Yolanda pour visiter, le temps que la situation en Bolivie s eclaircisse.
     Cependant, La Paz est calme. Nous decouvrons un superbe point de vur sur la ville, un reve de jardin d enfant ou les habitants viennent faire leur promenade dominicale. Nous visitons aussi le marche de la sorcellerie ou se vendent des foetus de lamas ( a enterrer sous sa maison pour la chance), des offrandes miniatures que  l on brule pour la Pachamama ( la Mere Terre): repliques de voitures, de dollars, de diplomes, acompagnes de bougies, de fleurs artificielles et de bonbons. D ailleurs, des parfums sucres de guimauve saturent l air, faisant concurrence aux parfums de fruits murs de la rue voisine. Nous goutons une grenade, croisons a le nuit tombee une procession religieuse, dirigee par des gens costumes en moutons ou en singes, qui precedent des croyants suivant la representation d un saint sous un voile dore. Nombreux contrastes donc pour ce dimanche ensoleille et glacial ou je me suis achete des mitaines et des guetres en laine d alpaga, une echarpe et un bonnet assortis pour affronter le froid du Salar, les prochains jours!

 


Publié à 11:59, le 4/08/2008,
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